Il n’y a pas un seul jour sans que se pose LA ou LES questions concernant la nutrition du cheval, ses compléments, ses analyses, ses calculs de rations et ses « besoins ». La vague est énorme et beaucoup d’acteurs veulent y surfer. On a même aujourd’hui des formations de « nutritionniste équin » BIGRE ! Les cours doivent être passionnant… car pour résumer la nutrition du cheval, herbivore stricte, monogastrique à digestion essentiellement bactérienne, on pourrait tout simplement dire : des herbes, point. Effectivement, on DOIT commencer par comprendre le tube digestif spécifique du cheval (il est différent de celui des vaches ou des chèvres…) et apprendre un peu d’anatomie. J’ai déjà rédigé un article à peu près complet sur le sujet. (lien) Ensuite on peut considérer la nécessité de ...
Contenu réservé aux abonnés
Pour lire cet article en entier, vous devez être abonné à notre blog.
Déjà abonné ? Connectez-vous


Wyssenbach Patricia, le 01/05/2017 à 7h14
Hello guillaume, je viens de lire avec beaucoup d’intérêt ton article.
Cela m’éclaire…peut-être….sur quelque chose dont je ne saisissais pas vraiment le sens et que mes chevaux m’ont appris.
J’habite en montagne, donc bien loin de la mer.
Mais au printemps, mes chevaux grignottent l’écorce des arbres…et si je récolte la sève de bouleau et leur donne en boissons, ils stoppent leur frénésie d’écorce. Il semblerait bien que le fait de « manger » l’écorce leur permet d’avoir accès à la sève montante riche en minéraux parfaitement disponible pour eux.
Autre phénomène, en montagne, mes chevaux mangent de l’argile durant les période ou l’herbe est puissante (printemps-automne). du coup, je remarque à chaque fois une très belle amélioration des lignes blanches, si besoin est. Bien…mais chose étonnante, de l’argile achetée en magasin n’attire pas du tout leur attention (y compris la fameuse béntonite), Ils l’a boude, tout simplement. alors que celle récoltée au pied des glaciers est un « must » pour eux.
Question à laquelle tu pourras sans doute répondre: est-ce que cette argile, émanant de roches datant sans aucun doute de l’époque des mers et océans ominiprésents, apporterait justement au corps des oligo-éléments semblable à ceux trouvés dans l’eau de mer et serait le « sérum marin » des montagnards?
Je m’interroge et serais ravie si tu pouvais répondre à ceci.
Merci Guillaume, et je te souhaite une superbe journée de mai.
salutations de Suisse.
Daphnée, le 22/04/2018 à 11h16
bonjour je vient de lire votre article qui est très intéressant, peut être un dure a lire car je n’évolue pas dans le monde scientifique mais reste très compréhensible. je trouve qu’il apporte beaucoup de compréhension et d’éclaircissement sur beaucoup de chose dans la vie de tout les jours. Et a mis en lumière certaines choses dont j’ai entendue parle a l’colle mais que je prenais pour du Chinois 😉
Merci à vous
Danae, le 25/05/2018 à 10h51
Bonjour, je viens de lire votre article (très intéressant) car je fais actuellement des recherches sur la façon de complèmenter mes chevaux (CMV, écorces, feuilles…) Auriez-vous des pistes de plantes à cueillir et de produits « déjà fait » à acheter afin de répondre aux mieux aux carences du foin? Je suis un peu perdue dans tout ce qui existe…
Merci beaucoup!
Amiot, le 08/12/2018 à 15h40
Pour résumer : si un nutritionniste est un commercial alors le podologue est un tailleur de corne…
D’un point de vue professionnel la nutrition est indispensable très technique et très précise. Rien de charlatan la dedans. Un cheval est « utilisé » pour fournir une production : effort physique, gestation, lactation, croissance musculaire, reproduction etc. De ce fait on recherche un rendement maximum avec le moins d’intrants possible donc le moins de gaspillages de nutriments et d’éléments inutilisés qui sont simplements rejetés et qui représentent même des polluants du milieu (rejets azotés, phosphates…). Aujourd’hui nous connaissons les besoins nutritionnels (glucides lipides protides vitamines minéraux macro oligo éléments) au niveau cellulaire. Nous avons la notion d’énergie nette, nous savons estimer les pertes (fèces, urine, gaz, extra chaleur), nous disposons de la notion de facteurs limitants et d’interactions entre les différents éléments, nous parlons aussi de Capacité d’Encombrement d’un aliment, de l’Indice de Consommation, d’UFC de MADC, de rapport phosphocalcique, du GMQ, du flushing avant oestrus etc, et j’en passe énormément car la nutrition est un vrai métier ayant un réel impacte sur les chevaux. Bref à chaque stade physiologique ses besoins, à chaque finalité son apport précis.
guillaumeparisot, le 08/12/2018 à 20h36
Bonjour Éloïse,
Ton commentaire me fait sourire…
Ta formation de BTS Productions Animales et de Licence Professionnelle :Audit et Génétique en Elevage, t’ont lavé le cerveau.
C’est très marrant parce que tu ressors EXACTEMENT le discours habituel des techniciens qui nous sortent leurs soupes « scientifiques » habituelles qui ne repose QUE sur de l’expérimentation animale et des recherches de laboratoires destiné à la PRODUCTION (tu le dis toi même « Un cheval est « utilisé » pour fournir une production).
Le GROS problème, c’est que ce raisonnement amène énormément de problèmes, dont justement la 1er cause de mortalité du cheval: la colique. (et la fourbure par extension… si on pousse un peu)
Tu parles de « gaspillages de nutriments » MAIS LOL ! Comment oser juste dire ça? Si ce n’est quand on est un gros industriel qui cherche à rentabiliser la vie… parce que les éleveurs rentabilisent la vie. Leurs bestioles ne sont que des variables dans un bilan.
Qui gère les nutriments? c’est l’organisme en temps réel en fonction des conditions environnementales variables. Les chiffres qu’on t’a balancé en cours ne sont valable QUE dans des élevages en batteries… aux paramètres fixes et sur des individus au génomes identiques. Ce n’est PAS le cas des chevaux de monsieur tout le monde. Le cheval de mon voisin aura besoin de tels ou tels oligos éléments et mon cheval aura besoin d’autres choses car leurs vies sont différentes. Tu vas donc analyser chaque cheval? Chaque environnements? Chaque brins de foins? et ce à chaque saisons?
Tu parles d’éléments inutilisés qui sont simplement rejetés…. OUI ! DANS TON système de cages de digestibilités! Dans tes logettes de truies, dans tes poulaillers industrielles… parce que la nourriture industrielle (elle aussi) n’est pas composé d’éléments assimilables parce que non organique (organismes hétérotrophes, tu connais?) et/ou non adaptés parce que basé sur des besoins complètement artificielles et donc non réels.
Deuxièmement, la fonction éliminatrice est primordiale et les éléments rejeté le sont parce qu’ils n’étaient pas adaptés.
Dans un soucis de « rentabilité » les industriels « gavent » les animaux de matériaux qui essayent de booster leurs croissances, leurs reproductions, leurs productions…. mais PAS leurs santé à long terme puisque ce n’est pas une notion importante pour eux.
Un animal sain et en bonne santé peut ne pas être gros, ni productif et vivre longtemps…
Bref, OUI, ton boulot de « technicien en alimentation animale d’élevages industriels » est sans doute très complexe… Les vendeurs de granulés ont depuis longtemps essayé d’investir l’alimentation des chevaux (et des autres animaux) chez les particuliers. Pour les chiens et les chats, on voit bien là où cela nous a mené… des animaux malades chroniques à vie courtes.
Ce que j’essaie d’expliquer c’est que la nutrition est très simple à partir du moment où tu connais les besoins fondamentaux de la bestiole dont tu a la charge. Tu connais ses besoins, tu connais son anatomie, tu regardes son état corporel et l’homéostasie fera le reste. C’est exactement comme pour la podologie justement, je répètes à mes stagiaires à longueur d’année que l’entretien des sabots est très simple! Tout le monde peut y arriver avec un peu de connaissances, pas besoin de faire des formations de plusieurs années (surtout pour apprendre à forger… car c’est inutile pour maîtriser le parage).
Donc, oui, pas de besoin de « nutritionnistes équins » pour répondre de façon simple aux besoins fondamentaux des chevaux.
LV Aurélie, le 22/08/2019 à 15h07
Moi qui ai admiré ton travail de recherche et de synthèse, ta pédagogie de formation en podologie, j’avoue être assez consternée par tes raccourcis de réflexion sur le métier de nutritionniste équin…
Honnêtement, au-delà du simple débat de dire « oh les méchants industriels qui nous empoisonnent », je ne comprends pas que tu refuses qu’il y ait un métier de nutritionniste équin au principe que la nutrition équine est simple comme bonjour et que tout le monde peut la pratiquer.
Il me semble que bien que la podologie soit simple comme bonjour et facile à appliquer, tu t’es décarcassé pour synthétiser tout ce que tu as lu, observé, expérimenté et tu t’en es servi pour former des gens, formation qu’aujourd’hui tu revendiques haut et fort, et que tu souhaiterais voir reconnue en France… Donc on peut faire la même chose avec le métier de nutritionniste, écrémer ce qui doit être écrémé et garder des gens sérieux, pédagogues qui sauront aller à la rencontre des gens, leur expliquer la simplicité de la nutrition équine, les former etc… Non ?
Par ailleurs, il me semble que tu fais en sorte de vivre de ton métier de podologue, donc il y a bien un profit recherché mais si ce n’est pas que cela puisque ton souhait est de transmettre aux gens, de les former.
Donc, j’ai envie de dire que c’est facile de casser le métier d’autres secteurs quand au fond on ne le connaît pas bien et qu’on fait la même chose… Tu es juste en désaccord sur le fond, comme avec d’autres techniques de parage par ex…
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a que du négatif dans le métier de nutritionniste (et ça vaut pour toutes les espèces). Dans tous les domaines, il y a du bon et du mauvais, du à prendre et à laisser. Il faut effectivement prendre du recul (et ça vaut aussi pour la podologie), se poser les questions pour progresser dans ses connaissances.
Il y a plusieurs exemples où l’organisme, pourtant fabuleuse machine capable d’homéostasie et d’auto-régulation, a besoin d’un coup de main pour se rétablir, et l’eau de mer n’est pas toujours l’unique solution ou la solution la plus adaptée.
Il n’y a qu’à prendre les convalescences sous antibiotiques des animaux ou des personnes (antibiotiques donnés à raison, on ne parle pas des abus) qui détruisent la flore intestinale. Les minéraux de l’eau de mer n’aideront pas totalement à refaire la flore, ils aideront mais d’autres « aides » seront plus aptes (probiotiques, prébiotiques, plantes…). Aujourd’hui, tout le monde n’est pas capable de choisir au mieux ces ingrédients ou même de les fabriquer. On a donc besoin d’ »experts » qui auront les connaissances, l’expertise, le matériel pour fabriquer ces éléments. On ne parle pas ici forcément de gros industriels.
Un autre exemple, je connais un cheval qui souffre d’encensement depuis 2 ans, rien de très clair aux différents diagnostics vétérinaires, possible rhinite liée à des allergies saisonnières empirée par les UV et la chaleur. Cheval non monté à cette période pour lui éviter tout risque et toute blessure. Produit à base de plante acheté il y a 6 mois. Plus d’encensement. L’eau de mer a été essayée mais n’a pas été miraculeuse, les fourrages adaptés pour moins de poussière, cheval au pré H24 avec abri si besoin & abris naturels, protégés par bonnet antimouche… La solution réside dans ce mix de plantes qui a la faculté de limiter les réactions allergiques et d’améliorer la tolérance du cheval… Le cheval revit au pré même l’été. Sa propriétaire a dépensé une énergie folle pour trouver de l’info, la recouper, tester différentes solutions, a observé sans relâche, s’est mis à dos les vétos et a trouvé… Un produit qu’elle n’aurait pas pu fabriquer, un produit oui fabriqué par un industriel (petit mais industriel) qui connaît les chevaux et leurs besoins notamment alimentaires, et qui possède une très belle expertise des plantes et a déjà sauvé la mise à plusieurs chevaux. Tu vois Guillaume Parisot, tout n’est pas noir ou blanc, et surtout ce n’est pas à toi de faire la météo… Aux gens de choisir, de tester. Pour toi, ça ne te convient pas de recourir à des nutritionnistes mais à d’autres oui.
Imagine, si on disait que ça ne sert à rien de former des podologues puisque parer c’est très (trop) simple, en gros on chanfreine sur la paroi, on ne touche pas à la sole ni à la fourchette et on se sert des SOCS et lacunes pour évaluer les talons à laisser. Les messages-clés seraient perdus ainsi que la dynamique de communication alors qu’aujourd’hui une des forces de ce mouvement, c’est le réseau que tu as formé qui fait exister la podologie libre, la formation des gens, les échanges.
Pour la nutrition c’est pareil, il y a des messages, des bonnes pratiques, bien qu’évidentes pour nous, pour toi, et ceux de la PEL, qui ne sont pas acquis par beaucoup de propriétaires de chevaux, souvent par ignorance que par dogmatisme, et nécessitent d’être transmis, expliqués. Il faut aussi savoir laisser la place à d’autres…
guillaumeparisot, le 22/08/2019 à 22h11
Bonjour,
Tu viens de réinventer le métier de vétérinaire ! 🤣
LV Aurélie, le 23/08/2019 à 7h57
Bonjour Guillaume, tu bottes en touche ? Intéressant… !
Flo, le 21/04/2025 à 13h07
Bonjour Guillaume. Si je comprends bien, donner du sel de mer non raffiné suffit à complémenter un cheval ? Où il faut trouver qqc de plus adapté ?
Deuxièmement, je suis très septique qu’on puisse remplacer entièrement le sang d’un chien par de l’eau de mer sans le tuer. Quid du transport de l’oxygène par les globules rouges ?
guillaumeparisot, le 21/04/2025 à 16h02
Bonjour Flo,
Non le sel n’est pas la même chose que l’eau de mer.
Pour les expériences, je t’invite à consulter les archives de l’académie de médecine et les ouvrages sur le sujet disponibles en pdf.
Flo, le 26/04/2025 à 19h05
Merci. Si tu as le lien, je suis preneuse. Je suis pareuse pro, et je tente d’aider mes clients à donner un complément minéral adapté à leurs équidés. Les chevaux rustiques, poneys obèses à fourbures et les ânes semblent en avoir besoin plus encore que les autres. Le manque de l’élément cuivre est toujours impliqué. En tout cas, la qualité de corne et l’état général s’améliorent toujours systématiquement avec un complément dont le rapport cuivre/zinc est correct. Actuellement, j’utilise minéral oligovit de reverdy en easy dose. Il représente une solution pratique, abordable avec de bon résultats. Ce qui ne m’empêche pas de continuer à creuser la question. Il y a peut être mieux car les minéraux en question sont sous forme chélatée. Je suis preneuse de ton expérience.
Autre question, je viens de me voir confier le suivi d’un poney fourbu. Le pauvre vit sur un pré surpaturé. Il aurait sans doute besoin de fibres, mais ne veut pas de foin. S’il est rationné, il défonce les clôtures pourtant bien électrifiées. Je soupçonne qu’il a des ulcères… Si c’est le cas, que penser de l’impact de l’anti inflammatoire (equipalazone) prescrit par le vétérinaire pour la fourbure? Le parage l’a immédiatement soulagé mais sans une alimentation adaptée, on ne sortira pas du problème. Ton avis est bienvenu.